Répertoire toxicologiqueFiche complète
Numéro CAS : 106-97-8
Formule moléculaire brute : C4H10
Noms français :
Noms anglais :
Des quantités résiduelles de butadiène-1,3 peuvent être présentes dans le butane. La concentration de celui-ci est variable et est dépendante de la qualité du butane produit. La concentration de butadiène-1,3 résiduelle dans le butane est généralement de 0,1 % p/p ou moins. Cependant, des quantités résiduelles de plus de 1,0 % p/p ont été constatées.
Le raffinage du pétrole brut par craquage ou reformage catalytiques et les champs de gaz naturel constituent la source principale de butane.
Le butane est principalement utilisé comme :
De façon plus spécifique en laboratoire et analyses, le butane est utilisé pour calibrer différents détecteurs pour les analyseurs d'impuretés en trace, le contrôle de l'environnement et le milieu de travail ainsi que pour certains procédés pétrochimiques. Il peut servir également comme gaz de flamme pour les analyseurs d'absorption atomique.
Mise à jour : 2026-03-02
À température et pression normales, le butane est un gaz incolore. À haute concentration, le butane présente une légère odeur caractéristique de gaz naturel ou de pétrole. Un agent odorant peut être ajouté au butane de qualité commerciale.
L'exposition au butane en milieu de travail se fait principalement lorsqu'il se trouve à l'état gazeux. Le butane peut se trouver également à l'état de gaz liquéfié. Il génère alors une concentration importante de butane en raison de son point d'ébullition très bas et de sa volatilité élevée. Cependant, l'exposition au butane sous forme liquide est moins fréquente en raison de son utilisation moins répandue.
Exposition au gaz :
Le butane est un dépresseur du système nerveux central lorsque sa concentration atteint 1,7 % (17 000 ppm). À haute concentration il agit comme asphyxiant simple, il peut déplacer l'oxygène nécessaire à la respiration. Il constitue un danger en espace clos. La concentration en butane dans un espace clos doit être inférieure ou égale à 10 % de la LIE soit 0,18 % ou 1 800 ppm. Lorsque la concentration du butane atteint 7,2 % (72 000 ppm), le taux d'oxygène dans l'air diminue à 19,5 %, soit la valeur définie à l’article 40 du RSST quant au pourcentage minimal d’oxygène en volume dans l’air, à tout poste de travail d’un établissement (voir Graphique 1).
Le butane pur étant difficilement détectable par l'odorat, l'odeur n'est donc pas un signe d'avertissement fiable permettant de détecter la présence de butane avant ou après que sa concentration est atteinte la VEMP de 800 ppm ou les concentrations se trouvant à l'intérieur des limites d'explosivité, soit entre 1,8 % et 8,4 % (18 000 à 84 000 ppm). La propriété du butane d'être peu odorant augmente sa dangerosité quant aux risques d'inflammabilité et d'asphysie.
Le butane gazeux étant deux fois plus dense que l'air, il aura tendance à s'accumuler dans les endroits confinés en absence de ventilation ou de mouvement d'air, en particulier au niveau du sol. Il pourra se déplacer sur des distances considérables jusqu'à une source d'ignition ou d'inflammation rendant possible un retour de flamme.
L'exposition au gaz liquéfié :
Le butane est commercialement disponible à l'état liquide et se retrouve dans certains lieux de travail sous forme de gaz comprimé liquéfié. C'est un liquide à -0,5 °C, il faut donc tenir compte de tous les aspects que comportent l'exposition à un liquide à basse température.
Mise à jour : 2026-07-03
Inflammabilité
Le butane est un gaz hautement inflammable. Il s'enflamme rapidement dans l'air en présence d'une charge d'électricité statique, d'une étincelle, d'une flamme nue ou d'une autre source d'ignition ou d'inflammation.
Explosibilité
Le butane forme un mélange explosif avec l'air lorsqu'il s'y trouve à une concentration se situant entre 1,8 et 8,5 %.
Fermer la vanne d'arrivée du gaz si vous pouvez le faire sans danger. Les vapeurs générées lors d'un déversement important de gaz liquéfié peuvent parcourir une longue distance jusqu'à une source d'ignition ou d'inflammation et produire un retour de flamme. Utiliser de la poudre chimique sèche et de la mousse à grande expansion.
Ne pas utiliser du dioxyde de carbone, de la mousse à faible expansion ou de jet d'eau directement sur le gaz liquéfié.
L'utilisation d'eau ou de tout autre liquide à la température de la pièce sur le gaz liquéfié aura pour effet de le vaporiser instantanément.
Un risque de BLEVE est associé au gaz liquéfié sous pression. L'acronyme BLEVE (Boiling Liquid Expanding Vapour Explosion) pourrait se traduire par " Vaporisation explosive d'un liquide porté à ébullition ". Exposés à la chaleur d'un incendie, les réservoirs de butane pressurisé sont fragilisés et subissent une pression interne importante. Cette situation peut conduire au bris du réservoir suivi d'un dégagement de gaz entrainant l'ébullition de la phase liquide afin de rétablir la pression interne. Ces conditions peuvent conduire à l'explosion du réservoir et la production d'une boule de feu.
Ne pas tenter d'éteindre le feu si la fuite n'est pas colmatée. Si vous devez intervenir, faites-le à distance. Porter un appareil de protection respiratoire autonome. Refroidir les contenants exposés à l'aide d'eau pulvérisée.
Le liquide peut provoquer des gelures.
Monoxyde de carbone, dioxyde de carbone.
Se référer à la méthode d'analyse 9-C de l'IRSST.
Pour obtenir la description de ces méthodes, consulter le Guide d'échantillonnage des contaminants de l'air en milieu de travail ou le site Web de l'IRSST à l'adresse suivante:
http://www.irsst.qc.ca/-RSST106-97-8.html
Des tubes colorimétriques spécifiques pour le butane peuvent être utilisés pour une évaluation rapide du niveau d'exposition.
La Loi sur la santé et la sécurité du travail vise l'élimination des dangers à la source. Lorsque les autres mesures de la hiérarchie des moyens de prévention telles que les mesures d'ingénierie et la modification de méthode de travail ne suffisent pas à contrôler l'exposition à cette substance, le port d'équipement de protection individuelle est nécessaire. Ces équipements de protection doivent être conformes à la réglementation.
Voies respiratoiresPorter un appareil de protection respiratoire si la concentration dans le milieu de travail est supérieure à la VEMP (800 ppm ou 1900 mg/m3). Porter un appareil de protection respiratoire à approvisionnement d'air si la concentration dans le milieu de travail est susceptible de provoquer l'asphyxie.
PeauPorter un équipement de protection de la peau s'il y a risque d'éclaboussures avec le gaz liquéfié. La sélection d'un tel équipement dépend de la nature du travail à effectuer.
YeuxPorter un équipement de protection des yeux s'il y a risque d'éclaboussures avec le gaz liquéfié. La sélection d'un protecteur oculaire dépend de la nature du travail à effectuer et, s'il y a lieu, du type d'appareil de protection respiratoire utilisé.
StabilitéCe produit est stable dans les conditions normales d'utilisation (température et pression ambiantes).
IncompatibilitéCe produit est incompatible avec les oxydants puissants, le chlore, le fluor et le nickel carbonyle + oxygène.
DécompositionChauffé jusqu'à décomposition, il dégage une fumée âcre et des vapeurs toxiques.
L'exposition à ce produit requiert de la formation et de l'information préalables. Prendre connaissance des renseignements inscrits sur l'étiquette et la fiche de données de sécurité avant de manipuler ce produit. La manipulation d'un produit doit être conforme aux dispositions de la LSST et de ses règlements, tels que le RSST, le RSSM et le CSTC. Pour en savoir plus. La mise en place de mesures de prévention des dangers liés à la manipulation des produits utilisés en milieu de travail doit se faire selon une démarche hiérarchisée comprenant les étapes suivantes : l'élimination à la source, le remplacement, le contrôle technique, la sensibilisation à la présence du risque (alarme sonore ou visuelle), les mesures administratives et les équipements de protection individuelle. Dans une perspective de prévention, la CNESST a développé un outil pratique qui vise à aider les milieux de travail à identifier, corriger et contrôler les risques pouvant affecter la santé et la sécurité des travailleurs. Tenir à l'écart de la chaleur, des surfaces chaudes, des étincelles, des flammes nues, de toute autre source d'ignition. Utiliser dans un endroit bien ventilé. Éviter les chocs violents. Ne jamais utiliser une bouteille endommagée.
La manipulation d'un produit doit être conforme aux dispositions de la LSST et de ses règlements, tels que le RSST, le RSSM et le CSTC. Pour en savoir plus.
La mise en place de mesures de prévention des dangers liés à la manipulation des produits utilisés en milieu de travail doit se faire selon une démarche hiérarchisée comprenant les étapes suivantes : l'élimination à la source, le remplacement, le contrôle technique, la sensibilisation à la présence du risque (alarme sonore ou visuelle), les mesures administratives et les équipements de protection individuelle. Dans une perspective de prévention, la CNESST a développé un outil pratique qui vise à aider les milieux de travail à identifier, corriger et contrôler les risques pouvant affecter la santé et la sécurité des travailleurs.
La concentration en butane dans un bâtiment ou dans un autre lieu de travail, qui n'est pas un espace clos, doit être maintenue en dessous de 25 % de la LIE, soit 0,45 % ou 4 500 ppm. En cas de ventilation insuffisante, utiliser un appareil de protection respiratoire approprié. L'appareillage doit être mis à la terre et mis à la masse.
Les bouteilles de gaz comprimés ne doivent pas subir de chocs violents et il ne faut jamais utiliser une bouteille endommagée. Elles doivent être attachées debout ou retenues dans un chariot lorsqu'elles sont utilisées. Ne pas utiliser les bouteilles de gaz comprimés à d'autres fins que celles auxquelles elles sont destinées.
L'onglet Réglementation informe des particularités règlementaires de ce produit dangereux. L'entreposage doit être conforme aux dispositions de la LSST et de ses règlements, tels que le RSST (notamment les sections VII et X), le RSSM et le CSTC. Selon la situation, le chapitre Bâtiment du Code de sécurité et le CNPI peuvent également s'appliquer. Pour en savoir plus.
Les bouteilles de gaz comprimé doivent être conformes à la Loi sur les appareils sous pression (L.R.Q., c. A-20.01) et aux règlements qui en découlent. Les bouteilles de gaz comprimé doivent être tenues à l'écart de toute source de chaleur susceptible d'élever la température du contenu au-delà de 50 °C, être munies du capuchon protecteur des soupapes quand elles ne sont pas utilisées, être emmagasinées debout, les soupapes dirigées vers le haut et être solidement retenues en place. Des bouteilles de gaz comprimé reliées en série par un collecteur doivent être supportées, maintenues ensemble et former une unité, à l'aide d'un cadre ou d'une autre installation conçu à cette fin. Les robinets et les dispositifs de sécurité doivent être à l'abri des chocs.
Ne jamais entreposer avec des matières oxydantes ou avec des gaz qui entretiennent la combustion, y compris l'air comprimé. Les bouteilles doivent être mises à la terre et mises à la masse.
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Mise à jour : 2010-03-30
Ce produit est absorbé par les voies respiratoires.
Absorption
Distribution
Métabolisme
Mise à jour : 2018-03-14
Ce produit n'est pas irritant, mais il y a possibilité de gelure au contact du gaz liquéfié.
Le butane normal est essentiellement non toxique à faible concentration. Aucun symptôme autre que des étourdissements n'a été observé suite à l'exposition de volontaires à 10 000 ppm pendant 10 minutes. On estime qu'il peut causer la dépression du système nerveux central (narcose) à une concentration d'environ 17 000 ppm (1,7%).
L'exposition à des concentrations très élevées peut également entraîner l'asphyxie car il déplace alors l'oxygène de l'air.
Les principaux symptômes associés, tant à l'asphyxie qu'à la dépression du système nerveux central, sont des maux de tête, des nausées, des vertiges, de l'incoordination, des difficultés respiratoires et une perte de conscience pouvant aller jusqu'à la mort. Les effets de l'asphyxie peuvent se faire sentir plus rapidement lors de l'effort physique, puisque la consommation d'oxygène est accrue.
À la suite de l'exposition à de fortes concentrations, le butane est un sensibilisant cardiaque léger. Les produits qui sont des sensibilisants cardiaques peuvent induire l'arythmie. Ces effets cardiaques peuvent être plus importants en présence d'adrénaline (lors d'une situation de stress par exemple). Il est possible que l'asphyxie augmente aussi la sensibilisation cardiaque. Chez le chien, la concentration causant la sensibilisation cardiaque chez la moitié des individus (concentration effective 50 ou CE50) est de 70 000 ppm.
On ne s'attend pas à ce que le butane normal cause des effets néfastes suite à une exposition répétée. Deux cas de travailleurs présentant une atteinte hépatique ont été publiés. L'une des études était mal documentée et dans l'autre, il s'agissait d'une exposition mixte. Il est impossible de tirer des conclusions de ces études.
Aucune donnée concernant la sensibilisation respiratoire et cutanée n'a été trouvée dans les sources documentaires consultées.
Il n’y a aucune étude épidémiologique ou animale concernant l'effet de l’exposition sur le développement. Cependant deux études de cas ont été publiées.
Gosseye et al. (1982) décrivent le cas d’un nouveau-né décédé à la naissance (hypoplasie rénale et anomalie cérébrale) suite à une tentative de suicide de la mère par inhalation d’une quantité inconnue de butane à 30 semaines de grossesse. Selon les auteurs, les malformations pourraient avoir été la conséquence d’une anoxie intra-utérine.
Fernandez et al. (1986) rapportent un cas d’hydranencéphalie (absence de développement des hémisphères cérébraux) chez un nouveau-né dont la mère a inhalé accidentellement du butane au sixième mois de la grossesse en quantité suffisante pour causer une perte de conscience. Ils mentionnent que la malformation était causée par l’anoxie intra-utérine.
Il n'y a aucune donnée spécifique concernant ce produit. Cependant, la présence d'alcanes (C4H10) a été rapportée lors d'une étude destinée à identifier en milieu urbain les contaminants pouvant se retrouver dans le lait.
Note : Certaines préparations commerciales de butane peuvent contenir des quantités résiduelles de butadiène-1,3. La concentration de celui-ci est variable et est dépendante de la qualité du butane produit. La concentration de butadiène-1,3 résiduelle dans le butane est généralement de 0,1 % p/p ou moins. Cependant, des quantités résiduelles de plus de 1,0 % p/p ont été constatées. Le butadiène-1,3 est un produit cancérogène pour l'homme selon le CIRC (groupe 1).
Mise à jour : 1997-05-21
Isobutylène: effet narcotique additif chez l'animal.
CL50
InhalationEn cas d'inhalation, amener la personne dans un endroit aéré. Appeler le Centre antipoison ou un médecin en cas de malaise. Si la personne ne respire pas, lui donner la respiration artificielle.
Contact avec les yeuxAppeler immédiatement le Centre antipoison ou un médecin.
Contact avec la peauRetirer immédiatement les vêtements contaminés. Mouiller abondamment les vêtements contaminés. En cas de gelure, appliquer de l'eau tiède et consulter immédiatement un médecin.
Mise à jour : 1999-11-01
Danger
Gaz extrêmement inflammable (H220) Contient un gaz sous pression; peut exploser sous l’effet de la chaleur (H280)
Divulgation des ingrédients
Mise à jour : 2010-11-10
Classification
Numéro UN : UN1011
Le UN1011 correspond à l'appellation réglementaire BUTANE.
Le UN1075 correspond à l'appelation réglementaire GAZ DE PÉTROLE LIQUÉFIÉS; ou GAZ LIQUÉFIÉS DE PÉTROLE, classé 2,1.
La cote entre [ ] provient de la banque Information SST du Centre de documentation de la CNESST.