Isoflurane - Synonyme de

Numéro CAS : 26675-46-7

Programme pour une maternité sans danger (PMSD)

Propriétés physiques pertinentes 1 2

Mise à jour : 2019-07-29

État physique : Liquide
Tension de vapeur : 236 mm de Hg    (31,5 kPa) à 20 °C
Autre(s) valeur(s) : 330 mm de Hg (44 kPa) à 25 °C
Solubilité dans l'eau : Insoluble 
Masse moléculaire : 184,5

Voies d'absorption

Mise à jour : 2001-08-30

Voies respiratoires : Absorbé

Effets sur le développement 3 4 5 6 7 8

Mise à jour : 2001-08-30

  • Il traverse le placenta chez l'humain.
  • Plusieurs études chez plusieurs espèces animales suggèrent l'absence d'effet sur le développement prénatal.
  • Les données ne permettent pas de faire une évaluation adéquate de l'effet postnatal.

Placenta

Dwyer et al. (1995) ont démontré que l’isoflurane traverse la barrière placentaire chez l'humain (8 000 ppm ; semaine 39 de la gestation). Il a été également démontré que deux de ses métabolites, l'acide trifluoroacétique et l'ion fluorure peuvent traverser le placenta.

Développement prénatal

Chez l’animal

Plusieurs auteurs (Fujinaga et al., 1987 ; Mazze et al., 1986 ; Kennedy et al., 1977) n’ont pas observé d'effet sur le développement prénatal à des doses anesthésiantes chez les rats (3 500, 10 500 et 16 000 ppm pendant la gestation) et chez les lapins (23 000 ppm pendant la gestation).

L’exposition de souris (60, 600 et 6 000 ppm ; 4 heures/jour, jours 6 à 15 de la gestation) a causé une diminution du poids foetal, une augmentation de l'incidence de la fente palatine et un retard de l’ossification en présence de toxicité maternelle (diminution de la croissance) à la plus forte dose seulement (Mazze et al., 1985).

Développement postnatal

Rice (1986) a noté des retards dans le développement neurocomportemental chez les souriceaux exposés à 4 000 ppm, mais pas à 1 000 ppm (1 000 et 4 000 ppm, 4 heures/jour; jours 6 à 15 de la gestation).

Effets sur la reproduction 5 6

Mise à jour : 2001-08-30

  • Les données ne permettent pas de faire une évaluation adéquate des effets sur la reproduction.

Effet sur la fertilité

Mazze et al. (1985) n’ont pas constaté d'effet sur la fertilité chez les femelles, sur la mortalité prénatale et sur le gain pondéral après la naissance chez les souriceaux (1 000 et 4 000 ppm; 4 heures/jour, 2 semaines avant l’accouplement et durant la gestation chez les femelles ou durant la spermatogenèse et pendant l’accouplement chez les mâles). Aucun effet sur la fertilité n’a été observé chez les rats (exposition des femelles et des mâles; 16 000 ppm; 1 heure/jour; jours 1 à 5, 6 à 10 et 11 à 15 avant l’accouplement) lors d’une étude effectuée par Kennedy et al. (1977).

Effets sur l'allaitement 9 10

Mise à jour : 2006-07-25

  • Les données ne permettent pas de déterminer la présence du produit dans le lait.

Une méthode de modélisation mathématique (Fischer et al., 1997) a été utilisée afin d'estimer quantitativement le transfert lacté de plusieurs contaminants dont l'isoflurane. La quantité ingérée via le lait a été estimée (modèle pharmacocinétique à base physiologique) à 0,336 mg pour un enfant allaité (24 heures) lorsque la mère est exposée par inhalation à une concentration de 50 ppm (exposition intermittente pendant 6½ heures sur une période de 8 heures).

Étant donné que deux métabolites peuvent se trouver dans le sang, l'acide trifluoroacétique et l'ion fluorure, il est possible qu’ils puissent également se trouver dans le lait. Cependant, ces métabolites représentent 0,2 % de la quantité d’isoflurane métabolisé.

Cancérogénicité 11 12 13 14 15

Mise à jour : 2009-03-31

Évaluation du C.I.R.C. : L'agent (le mélange, les circonstances d'exposition) ne peut pas être classé quant à sa cancérogénicité pour l'homme (groupe 3).

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) considère que l'exposition aux anesthésiques volatils est inclassable quant à sa cancérogénicité pour l'homme.

Une étude préliminaire de Corbett (1976) chez les souris exposées par inhalation ( les mères : 1 000 ou 5 000 ppm durant 2 heures aux jours 12, 14, 16 et 18 de la gestation ; les souriceaux à 1 000 ppm pendant 25 expositions)  a suggéré la possibilité d'un effet cancérogène de l’isoflurane (tumeurs hépatiques). Cependant, la durée de l'étude était trop brève et la nourriture des animaux avait été contaminée par des BPB (biphényles polybromés). Eger et al. (1978) ont fait une étude chez la même souche de souris dans des conditions expérimentales similaires (375, 2 500, 6 000 ppm). Cette seconde étude n’a pas confirmé l'effet observé par Corbett. De plus, Baden et al. (1988) n’ont pas observé d’effet cancérogène chez les souris exposées par inhalation (1 000 et 4 000 ppm ; 4 heures/jours ; 5 jours/semaine pendant 78 semaines).

Mutagénicité16 17 18 19 20

Mise à jour : 2001-08-30

  • Les données ne permettent pas de faire une évaluation adéquate de l'effet mutagène.

Études in vivo

Une augmentation de la fréquence de micronoyaux a été observée dans les tissus rénaux de rats traités avec une dose orale unique de 4 mmol/kg (Robbiano et al., 1998).

 Études in vitro

L’isoflurane ne s'est pas avéré mutagène lors de la recherche d’échanges de chromatides-soeurs dans les cellules ovariennes du hamster chinois (White et al.,1979; Trudnowski et al., 1987), mais des résultats positifs ont été notés avec des lymphocytes humains (Hoerauf et al., 1999).

Des bris de l'ADN (essai de la comète) ont été rapportés dans des lymphocytes humains. (Jaloszynski et al. 1998).

Commentaires 

Mise à jour : 2001-08-30

Les anesthésiques volatils peuvent être regroupés en deux catégories. La première comprend les anesthésiques halogénés tels : l'halothane (fluothane), le méthoxyflurane (penthrane), l'enflurane (éthrane), l'isoflurane (forane), le sévoflurane (sevorane), le desflurane (suprane), etc. La seconde, les anesthésiques non halogénés dont le seul représentant utilisé est le protoxyde d'azote. Les anesthésiques généraux volatils peuvent être employés seuls ou en association. Chez un patient, l'anesthésie générale peut également impliquer des agents pharmacologiques.

 

Références

  • ▲1.  INRS, DEMETER : documents pour l'évaluation médicale des produits toxiques vis-à-vis de la reproduction. Paris : Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. (2006).   http://www.inrs.fr/publications/bdd/demeter.html
  • ▲2.  O'Neil, M.J. et al., The Merck Index : an encyclopedia of chemicals, drugs, & biologicals. 15e éd. Cambridge, G.-B. : Royal Society of Chemistry. (2013). [RM-403001]   https://www.rsc.org/Merck-Index/
  • ▲3.  Mazze, R.I. et al., «Reproductive and teratogenic effects of nitrous oxide, halothane, isoflurane, and enflurane in Sprague-Dawley rats.» Anesthesiology. Vol. 64, p. 339-344. (1986).
  • ▲4.  Dwyer, R., «Uptake of halothane and isoflurane by mother and baby during Caesarean section.» British Journal of Anaesthesia. Vol. 74, p. 379 - 383. (1995). [AP-058418]
  • ▲5.  Mazze, R.I. et al., «Fetal development in mice exposed to isoflurane.» Teratology. Vol. 32, no. 3, p. 339-345. (1985).
  • ▲6.  Kennedy, G.L. et al., «Reproductive and teratologic studies with isoflurane.» Drug and Chemical Toxicology. Vol. 1, no. 1, p. 75-88. (1977-78). [AP-058425]
  • ▲7.  Fujinaga, M. et al., «Reproductive and teratogenic effects of nitrous oxide, isoflurane, and their combination in Sprague-Dawley rats.» Anesthesiology. Vol. 67, p. 960-964. (1987).
  • ▲8.  Rice, S.A., «Behavioral effects of in utero isoflurane exposure in young SW mice.» Teratology. Vol. 33, no. 3, p. 100C-101C. (1986). [AP-040224]
  • ▲9.  Fisher, J. et al., «Lactational transfer of volatile chemicals in breast milk.» American Industrial Hygiene Association Journal. Vol. 58, no. 6, p. 425-431. (1997). [AP-051996]
  • ▲10.  Preib, A. et al., «The determination of trifluoroacetic acid in rat milk samples by 19F-NMR spectroscopy and capillary gas chromatography.» Journal of Pharmaceutical and Biochemical Analysis. Vol. 16, p. 1381-1385. (1998).
  • ▲11.  IARC Working Group on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans, Overall evaluations of carcinogenicity : an updating of IARC monographs volumes 1-42. IARC monographs on the evaluation of carcinogenic risks to humans, Supplement 7. Lyon : International Agency for Research on Cancer. (1987).   https://monographs.iarc.fr/wp-content/uploads/2018/06/Suppl7.pdf
    http://monographs.iarc.fr/
  • ▲12.  IARC Working Group on the Evaluation of Carcinogenic Risks of Chemical to Man, Cadmium, nickel, some epoxides, miscellaneous industrial chemicals and general considerations on volatile anaesthetics. IARC monographs on the evaluation of carcinogenic risks of chemical to man, Vol. 11. Lyon : International Agency for Research on Cancer. (1976).   https://monographs.iarc.fr/wp-content/uploads/2018/06/mono11.pdf
    http://www.iarc.fr
  • ▲13.  Eger, E.I. et al., «A test of the carcinogenicity of enflurane, isoflurane, halothane, methoxyflurane, and nitrous oxide in mice.» Anesthesia and Analgesia. Vol. 57, p. 678-694. (1978).
  • ▲14.  Corbett, T.H., «Cancer and congenital anomalies associated with anesthetics.» Annals of the New York Academy of Sciences. Vol. 271, p. 58-66. (1976).
  • ▲15.  Baden, J.M. et al., «Carcinogen bioassay of isoflurane in mice.» Anesthesiology. Vol. 69, p. 750-753. (1988).
  • ▲16.  Robbiano, L. et al., «Increased frequency of micronucleated kidney cells in rats exposed to halogenated anaesthetics.» Mutation Research. Vol. 413, p. 1-6. (1998).
  • ▲17.  White, A.E. et al., «Sister chromatid exchanges induced by inhaled anesthetics.» Anesthesiology. Vol. 50, p. 426-430. (1979).
  • ▲18.  Trudnowski, R.J., Mehta, M.P. et Rucinski, M., «Evaluation of the mutagenic potential of enflurane and isoflurane by sister chromatid exchange.» Journal of Medicine. Vol. 18, no. 1, p. 55-60. (1987).
  • ▲19.  Hoerauf, K.H. et al., «Sister chromatid exchange in human lymphocytes exposed to isoflurane and nitrous oxide in vitro.» British Journal of Anaesthesia. Vol. 82, no. 2, p. 268-270. (1999).
  • ▲20.  Jaloszynski, P. et al., «Genotoxicity of inhalation anesthetics halothane and isoflurane in human lymphocytes studied in vitro using comet assay.» Mutation Research. Vol. 439, p. 199-206. (1999).

La cote entre [ ] provient de la banque Information SST du Centre de documentation de la CNESST.